Cette création, au travers de trois tableaux, questionne le corps en souffrance. Elle offre aux spectateurs une invitation à être touché et bousculé.
Dulcia Linquimus Arva (2018)
Ce premier tableau aborde la question de l’exil et de la souffrance qui en déborde. Quitter ses propres rivages souvent pour s’affranchir d’une douleur quotidienne en espérant qu’ailleurs le ciel est plus clément, que l’inconnu est forcément source de bonheur. Voyage de vaine espérance ou de liberté réelle ?
Se heurtant au mouvement des Quatre saisons recomposed by Max Richter, huit danseurs explorent différents états de corps qui se font et se défont, et misent tour à tour sur le mouvement singulier et multiple pour diffuser l’émotion.
A travers cette pièce, Arboredanse poursuit son exploration de la création partagée entre le chorégraphe et les danseurs, centrée sur l’écoute, la présence, et l’écriture chorégraphique.
Stabat Mater (2019)
L’objet de ce nouveau tableau, c’est ce corps qui souffre en s’oubliant, en se dégradant, en s’affrontant, en s’isolant et en compatissant. Ce corps qui traverse des états différents et pluriels, et ne cesse de rappeler à l’être sa douleur de traverser une existence sinueuse et bosselée. C’est également puiser dans de nombreuses philosophies ancestrales comme modernes, qui avancent l’idée que la vie en elle-même est souffrance.
Sur le pari tenté d’une bande-son free jazz, c’est donc le corps qui dit, qui parle, qui hurle et qui offre à celui qui regarde une invitation à être traversé, touché, bousculé.
Ad Astra (2025)
Dans cette 3ème partie de la pièce « Amor Fati », les danseurs explorent la sortie de la souffrance et vont donc traverser l’ouverture au réel à travers l’immobilité, la lenteur mais aussi le chaos qui marque la résistance au changement et surtout l’étincelle qui offre la plongée, l’abandon vers ailleurs.
La disparition de la souffrance se situe alors non pas dans le crédo contemporain de la présence à l’instant mais au sein même de la présence au réel qui nous construit qu’on le veuille ou non. Ne plus souffrir c’est alors sans doute dire un grand oui à cette réalité qui nous sculpte, un oui sans chichi, sans pleurnichage, sans négociation.
Cela se traduit par l’invitation à danser, à rejoindre les autres dans le mouvement, dans le partage de la gestuelle, des émotions. Même si le doute, la tristesse et la colère sont toujours présents, l’appel et l’étincelle de vie sont trop puissants pour qu’on ne s’y abandonne pas.
Écriture et conception : Stéphane Vincent & Nina Gabillet
Musique originale :
- Dulcia Linquimus Arva : Les quatres saisons de Vivaldi recomposées par Max Richter
- Stabat Mater : Henri Peyrous quartet
- Ad Astra : Bachar Mar-Khalifé
Création lumières : Florian Macé & Ornella Banett
Mise à jour le 01/01/2026